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Réflexions

Lundi 13 mars 2006

Bienvenue dans le blog d’ « Ils sont fous ».

A force de lire les articles des autres et d’écouter leur podcast, je me suis dit qu’il fallait aussi que je me lance.

Mon objectif dans ce blog est, dans un premier temps, de formaliser mes idées en les écrivant tout en conservant une trace de mes réflexions. Et bien sûr, dans un second temps, de partager mes idées avec d’autres…

Pourquoi « Ils sont fous » ? Parce que je pense que nous le sommes devenus. Dans notre course effrénée aux ambitions et aux convoitises, nous perdons de vue l’important et le raisonnable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Eric
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Mardi 14 mars 2006

« Toujours essayer de faire consommer plus », tel est le rôle des publicitaires. Vous n’en avez pas besoin, ce n’est pas grave car on vous crée aussi le besoin.  

Le four à micro-onde en est un bon exemple. Cet ustensile se trouve dans presque toutes les cuisines et pourtant ce projet était resté dans les cartons. Les ingénieurs avaient estimé que le besoin n’existait pas vraiment. C’était sans compter sur le pouvoir de persuasion des publicitaires, ces magiciens pouvant susciter des besoins artificiels.

Le concept est si efficace, que maintenant une personne se marginalise en résistant aux tentations. Et même dans ce cas, son entourage la pousse alors à revenir dans la norme d’une façon ou d’une autre. Mon fils souhaite avoir des vêtements de marque, non pas parce qu’ils lui plaisent vraiment, mais parce qu'ils lui permettent de mieux s’intégrer socialement dans la cour du collège. « Regardez, je suis comme vous. Acceptez-moi. »

Actuellement, la grande difficulté est de penser par soi-même sans être influencé par notre environnement et d’ensuite affirmer sa position malgré les contraintes.

 

 

 

 

Par Eric
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Mercredi 15 mars 2006

Les publicitaires ne se sont pas contentés de créer des besoins. Ces messieurs sont passés au stade supérieur et appellent d’ailleurs cela « la plate-forme anxiogène ». Son principe est simple : Il suffit de générer une angoisse et de suggérer que votre produit va y remédier.

Prenons pour exemple un nettoyant pour cuisine. Qu’est-ce qui va pousser la ménagère à choisir un produit : L’angoisse de ce qu’elle ne connaît pas…

C’est pour cette raison que vous trouvez des produits affublés de la mention « Elimine 99,9% des bactéries » surenchérie d’un label scientifique du type « Validé par l’institut Pasteur ». Bien qu’un peu plus cher, notre ménagère va alors choisir ce genre de nettoyant pour sa cuisine, et du même temps, protéger sa famille d’une future guerre bactériologique!

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’effectivement ce produit très (trop) actif élimine autant de bactéries mais aux conditions de :

  • 1 - L’utiliser pur et en quantité (l’équivalent d’un bon quart de la bouteille pour une cuisinière),
  • 2 - De laisser ensuite le tout reposer 5 à 10 minutes.

L’ironie dans cette situation est que notre mode d’utilisation de ce nettoyant le rend forcement moins efficace. De ce fait, les bactéries survivantes de ce traitement sont généralement atypiques et résistent mieux aux antibiotiques. D’habitude, elles restent relativement sages car en compétition avec d’autres. En nettoyant, la ménagère offre alors à ces bestioles un champ de développement complètement vierge.

Ma conclusion : Vous croyez bien faire (même en payant un peu plus), mais à terme l’effet s’inverse. Méfiez-vous des produits « à valeur ajoutée » et choisissez un produit simple respectant l’environnement. Vous ferez des économies, vous polluerez moins et votre cuisine sera tout aussi propre.

Par Eric
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Vendredi 17 mars 2006
Dans les deux articles précédents, je décrivais l’influence qu’a notre environnement sur notre consommation. Que ce soit par création permanente de nouveaux besoins ou par anxiété. Nous sommes constamment amenés (ou poussés) à convoiter ce que l’on a pas encore.
Certains dirons que c’est un moteur qui les stimule à se dépasser.
Pourquoi pas ? Mais que ce passe-t-il alors lorsqu’ils atteignent enfin leur but ? Une jouissance momentanée, un plaisir fugace, et après ? Une habitude s’installe, suivie d’une nouvelle convoitise. Le cycle recommence alors...
La convoitise peut être effectivement un moteur, mais elle apporte aussi son lot de contraintes. A l’exception de quelques éphémères moments de plaisir, on vit continuellement dans l’insatisfaction de ce que l’on a pas encore. La recherche et l’obtention du plaisir ne rendent pas heureux. Il faut absolument différencier "recherche de bonheur" et "recherche de plaisir". Le plaisir est toujours éphémère et engendre manque et insatisfaction. Le bonheur en revanche, plus robuste, s’installe dans la durée.
Par Eric
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Lundi 20 mars 2006

Continuons avec les notions de convoitise et de bonheur.

Dans l’article précédent, j’énonçais qu’une boulimie de convoitise générait un état d’insatisfaction. Dans ce cas, à la question : « Est-ce que ça va ? Es-tu heureux ? » On aurait tendance à répondre par un "bof" ou pire par la négative. Le risque dans ce genre de situation est qu’on se focalise sur ce que l’on souhaite absolument atteindre sans plus apprécier ce que l’on possède déjà. Cet état d’obsession du « toujours plus » pousse à apprécier le bonheur de façon relative :

- Je monte d’un cran dans mon échelle du bonheur donc je suis heureux.
- Je perds un cran et je suis malheureux.

Cet état d’esprit est aveuglant et destructeur. Il est important de toujours estimer ce que l’on possède déjà. Cela permet de mieux apprécier la vie et d’accepter avec plus de sérénité ses embûches...

Par Eric
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Mardi 28 mars 2006

Comment parler de convoitise sans aborder la notion de valeur qui nous permet d’estimer ou d’accorder de l’intérêt à une chose ou à un statut.

 Mais comment réagissons nous à la valeur ?

 Avant d’essayer d’y répondre, il est important de ne surtout pas parler de valeur mais de valeurs. Oui, la valeur est une appréciation individuelle et multidimensionnelle caractérisée par:

  • Son aspect sentimental 
  • Son aspect symbolique 
  • Son aspect social 
  • Son aspect humain 
  • Son aspect utile 
  • Son aspect économique
  • Etc

 

 

Chacun a ou devrait avoir ses propres critères d’estimation des valeurs. Malheureusement, son aspect économique impose une référence commune chiffrée. Trop souvent et par facilité, ce montant prédomine dans les esprits et devient l’unique référence de comparaison.

Lors d’une décision, il est important de toujours choisir en fonction de vos propres critères de valeurs et non pas d'un seul ou de ceux du voisin. 

Par Eric
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Jeudi 30 mars 2006

Tout d’abord, il y avait le chikungunya. Ce virus est connu depuis les années 1950, il est généralement véhiculé par deux familles de moustiques que l’on trouve dans les régions chaudes et/ou humides comme les DOM-TOM ou le sud de la France. Le risque est bien réel puisqu’il a déjà tué directement ou indirectement une centaine de personnes sur l’île de la Réunion. Heureusement, on ne le trouve pas encore dans la métropole, mais les spécialistes restent vigilants. 

Ensuite, il y a le H5N1. Ce virus aviaire se répand en l’Asie, en Afrique et en Europe suivant ainsi le cycle migratoire des oiseaux. Pour l’instant, il n’a tué personne en Europe. Pour être contaminé, il faut être en contact direct avec les plumes ou les fientes d’un oiseau malade. Il faut rester vigilant car ce virus peut muter à l’homme et donc augmenter nos risques (mais ce n’est pas encore le cas). 

Donc nous avons deux virus : Le premier a tué 100 personnes en France et l’autre heureusement personne encore.

Quotidiennement, les média en ont parlé mais de façon disproportionnée : Le site Arrêt sur images (que je conseille à tous) nous révèle que pour le mois de février ; TF1, France 2 et France 3 ont consacrés 5h00"56' pour la grippe aviaire (première position des sujets) contre 1h31"10' pour le chikungunya (huitième position).

 

Que s’est-il alors passé ? En regardant le journal télévisé, les gens ont pris peur et se sont méfiés des oiseaux (mais pas des moustiques qui sont actuellement plus dangereux). Les ventes de volailles ont baissé de 35% (mais pas d’augmentation d’achat des insecticides). Les producteurs de volailles ont failli déposer le bilan.

Et enfin, arrive notre sauveur : Non, ce n’est pas un scientifique, qui derrière ses tubes à essai a trouvé une formule chimique révolutionnaire. Non ce n’est pas non plus dame nature, qui par miracle, a éradiqué le virus… Rien de tout cela. La solution à notre problème viral est le CPE (Contrat Premier Emploi). Il monopolise voire enflamme les esprits. On manifeste, on peste, on fait grève et on consomme à nouveau du poulet ! Le danger des oiseaux a disparu au moins de nos esprits.

Laissez moi vous résumer le film Matrix : Des machines hypnotisent les humains afin de maîtriser leur pensée, leur comportement, et ainsi récupérer leur énergie. Mais des rebelles …

Matrix : Fiction ou réalité ?

Par Eric
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Mardi 11 avril 2006

(suite de l’article "9- H5N1 touché coulé!") Le site « Arrêt sur images » nous fournit le temps consacré, pour le mois de Mars, par chacun des journaux télévisés aux principaux thèmes d’actualités. Sans surprise, le champion toutes catégories est le CPE avec 12H19’ contre la grippe aviaire avec 1H53’ (cinquième position). Le chikungunya, toujours aussi meurtrier, s’est effondré à la 34ième place avec 0H20’. Malheureusement, ces chiffres confirment l’article précédent (9- H5N1 touché coulé!) .

 Sauf rebondissement, le CPE fait maintenant partie du passé et ne va donc plus occuper les journaux télévisés. La grippe aviaire va peut être alors remonter dans l’estime des journalistes et par conséquent nos angoisses risquent de ressurgir.

Ces chiffres démontrent encore une fois que le pouvoir de la télévision est inquiétant, car elle possède la capacité de nous faire accepter toutes informations directes ou indirectes sans aucun esprit critique.

Informations directes, par la volumétrie des sujets, nous imposent un degré d’importance. La catastrophe du tsunami en est un bon exemple car émus par les images continues du drame, les français ont donné sans compter. D’autres catastrophes toutes aussi graves, mais peu médiatisées, n’ont pas déclenché de générosité de notre part.
Informations indirectes, par le montage des reportages, par le type de prises de vues, par l’ironie dans les commentaires, nous suggèrent intentionnellement un tout autre message que le principal. Montrer la tête d’une manifestation constituée des membres les plus actifs n’a pas du tout le même impact que de montrer la queue de la même manifestation constituée elle de gentils sympathisants profitant de la promenade printanière.

Il est toujours important de conserver nos esprits critiques et nos valeurs.
Descartes a dit : "Je pense donc je suis..." et humblement je rajouterais "...Je ne pense plus donc je suis un mouton." 

Par Eric
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Jeudi 13 avril 2006

Lors d’une rencontre dans un lycée, Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique, a été surpris par une question d’une élève : « Quel a été votre combat?» Décontenancé par sa pertinence, il a pris plusieurs minutes de réflexion avant d’y répondre.

Je pense souvent à cette question et mes réponses évoluent :

En premier lieu, je m’opposais à la notion de combat. Combattre qui ou quoi ? La nature humaine est-elle ainsi faite pour ne vivre que dans une dualité ou une compétition ? Ne peut-on pas, au contraire, rechercher le paisible et la sérénité ?

Ensuite, j’adhérais plus à l’idée de combat intérieur, une recherche permanente de soi-même, de sa propre identité ou plutôt vers quoi vaut-il mieux tendre ?
Trouver n’est pas chose facile, et pour cela, à tout moment de la vie, je me pose ces trois questions :

  • Qu’est-ce qui juste et important ?
  • Quelles sont mes valeurs et comment les défendre ?
  • Que dois-je rechercher dans la vie ?

Y répondre précipitamment ne fait qu’effleurer le sujet. Il faut au contraire se laisser le temps de la réflexion pour que ce cheminement converge progressivement vers un résultat. S’il en existe un…

Laissez moi vous citer un phrase de René Dubos : « Nous ne devenons jamais que l’une des nombreuses personnes que nous aurions été capables de devenir. Nous ne développons que certaines potentialités de notre nature, celles compatibles, certes, avec les conditions d’environnement auxquelles nous sommes exposés, mais celles aussi qui dépendent des choix que nous faisons dans le cours de nos propres vies. »

Et vous, quel a été votre combat ?

Par Eric
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Vendredi 16 juin 2006
Dans un article précédent (4- Convoitise = moteur ou danger?), j’énonçait qu’il fallait distinguer la quête du plaisir, généralement éphémère et boulimique, à celle du bonheur, beaucoup plus robuste dans le temps. Mais qu’est-ce que le bonheur ?

Lorsque nous sommes confrontés à un contexte nouveau, notre cerveau tente de s’adapter pour mieux répondre à cette nouvelle situation. Il reconfigure alors son réseau nerveux en déconnectant des neurones et en reconnectant d’autres. Après plusieurs milliards de tentatives, notre cerveau alors reconfiguré, peut répondre plus facilement à ces nouvelles difficultés ; c’est ce que nous appelons l’apprentissage.

Voici un petit exemple : Si je vous demandais de calculer de tête 25x4 + 12x2 – 3, vous trouveriez le résultat assez rapidement car ce type d’écriture vous est familière. Depuis notre enfance, nous nous entraînons à répondre rapidement à ce genre de problème si bien que la solution nous semble maintenant naturelle. Par contre, si je vous demandais de calculer de tête « un tiers et demi de cent », la réponse serait beaucoup plus difficile à trouver car notre cerveau n’est pas ou peu habitué à ce type d’énoncé.

Donc certaines choses nous semblent naturelles alors que d’autres, par manque d’habitude, ne le sont pas ou peu.
Et bien, c’est la même chose pour le bonheur. Ce sentiment est une vision de l’esprit. Si notre cerveau est conditionné au bonheur par apprentissage, l’optimisme et la vision positive du monde vous sera naturelle. Malheureusement, notre réflexe est de toujours croire que la cause de notre manque de bonheur est due à notre environnement ou à notre vie trop stressante. Non, ce n’est pas le contexte qui limite notre bonheur, mais l’importance que nous lui accordons.

Deuxième petit exemple : Si je vous demandais de marcher sur une poutre de gymnastique, vous trouveriez l’exercice relativement facile et la traversée se ferait sans encombre. Maintenant, si je vous demandais de traverser la même poutre mais cette fois située au dessus d’un ravin, la difficulté serait la même, mais notre vision du contexte diffèrerait : Dans le premier cas, il n’y aurait pas de danger puisque l’exercice se situerait au niveau du sol. Dans le second cas, nous serions en altitude et le contexte polluerait notre esprit. L’émotion prendrait le dessus, nous nous focaliserions sur la hauteur et augmenterions ainsi l’angoisse et le risque de chute. Seul un entraînement pourrait enfin nous abstraire du contexte pour nous concentrer seulement sur l’exercice.

Donc pour être heureux, entraînez-vous à le rechercher. Il viendra ensuite naturellement. Adoptez la pensée permanente positive. Ciblez l’important dans votre vie et atténuez les effets des contextes polluants. Ayez une vision différente de votre monde et laissez ainsi germer en vous la graine du bonheur.

Pour terminer sur une note plus poétique, voici un texte issu d’un blog dédié au bonheur :
Les Dieux voulaient cacher le bonheur aux Hommes et discutaient de l'endroit où ils le mettraient :
-"Cachons-le en haut de la plus haute montagne..." : dit un premier Dieu.
-"Ah non, les Hommes grimperont et ils finiront par le trouver"
-"Alors, au fond de la mer, tout au fond, avec les poissons!" : dit un deuxième Dieu
-"Non, les Hommes plongeront, nageront et ils le trouveront, là aussi ".
-"Alors mettons-le sous terre !" : s'exclama un troisième.
-"Bof, les Hommes creuseront et le trouveront aussi...."
Quand soudain, un quatrième Dieu qui observait la discussion sans rien dire, se mêla au débat:
-"Mettons-le en eux, c'est le seul endroit où ils ne penseront jamais à regarder."
Par Eric
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