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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 20:48

Je18Dans cette époque où l’individualisme atteint des seuils effrayants. Il est peut-être utile de prendre justement le temps de délimiter l’individu et ou de clarifier ce qui se cache derrière le « Je ».

Le premier reflexe est d’énoncer que « je » représente ma personne. Oui, mais laquelle ? La personne physique ou la personne morale, arbitraire et décisionnaire ?

 

On peut facilement prétendre que ma personne physique est délimitée par ma peau. Mon corps (ma peau et ce qu’elle contient) c’est moi et ce qui en est à l’extérieur ce n’est pas moi. De premier abord, cela semble logique. Mais en y regardant d’un peu plus près, cette frontière est loin d’être imperméable si bien qu’un aliment comme par exemple du café n’est pas moi avant dégustation et le devient juste après : son eau hydrate; son sucre apporte de l’énergie et sa caféine stimule. Ces différents éléments fusionnent avec mon corps si bien qu’il n’est plus possible de différencier l’aliment de la personne. Il en est de même pour la respiration, la détection olfactive, les contacts cutanés, les contaminations virales…

Mon corps est certes délimité par ma peau, mais c’est surtout un espace d’échange avec le monde où énormément d’éléments internes et externes s’interpénètrent, échangent.

 

Mon esprit peut aussi définir le mot « Je ». Je réfléchis, je décide, j’aime ou je déteste. Ce « je » est-il solidement figé et enfermé dans ma boîte crânienne ? Comme pour mon corps, mon esprit est aussi un espace d’échange. C’est d’ailleurs ce que l’on appelle l’acquis. Mon éducation, mes rencontres, mes pressions sociales, mes lectures façonnent mon esprit continuellement. A chaque moment de la vie, des informations me parviennent et reconfigurent mon mode de pensée. C’est le principe même de l’apprentissage. Donc ce que je pense aujourd’hui, me permet de choisir, de décider et sera différent demain car entretemps des rencontres m’auront changé. Et je ne parle là que du « moi conscient ». Que dire du « moi inconscient » ? Celui qui nous pousse à suivre nos envies, nos pulsions malgré une volonté de départ contraire ? Que dire des émotions qui modifient notre comportement jusqu’à ne plus en être le maître ?

 

Bref, chaque individu est une mémoire de nos rencontres passées. Ces interactions physiques et psychiques font que nous avons besoin des autres pour continuer à évoluer. Plus nous allons rencontrer de diversité, plus nous disposerons de nouvelles richesses liées à ces découvertes. A contrario, cultiver des échanges uniquement dans un domaine clos (même village, pays, race, couleur, religion, pensée…) ne se réclame plus de l’apprentissage mais de la propagande. Les idées restent cloisonnées dans un espace où il n’est pas possible d’en vérifier la véracité. On échange plus des idées, mais des préjugés. Cette uniformité de pensées pousse irrémédiablement le groupe vers un appauvrissement.

 

Cette systémique des relations est quelque chose d’important. Elle nous a permis de passer du stade animal à celui d’humain social pourvu d’un langage complexe pour échanger et donc évoluer d’avantage. Au fil de l’évolution, notre visage s’est muni de muscles pour y afficher des expressions que d’autres savent interpréter. Nous sommes d’ailleurs les seuls à avoir un blanc de l’œil, la direction de notre regard est par cela identifiable pour montrer à l’autre qu’il intéresse.

Comme le dit si bien Albert Jacquard : « On ne peut pas parler de JE sans NOUS. »

 

Il me navre de constater que la tendance actuelle pousse au retranchement individualiste décliné en peur de l’autre ou en dédain. Dans les deux cas, l’absence de rencontre génère des regroupements soit de confiance (pour contrecarrer la peur de l’autre), soit de castes sociales (pour s’afficher avec des gens du même milieu). Mais que ce soit l’une ou l’autre, l’appauvrissement est au bout du chemin que nous empruntons d’ailleurs de plus en plus vite à chaque fois nous regardons la TV (informations anxiogènes, pensée unique, convoitise frustrante, dénonciation du rival dans les jeux TV, Top 50…) car elle nous conforte aussi dans ces idées.

 

Ne l’oubliez pas ! La richesse est dans la diversité. La différence ne fait pas peur mais elle enrichit. Rejetez le conformisme et affichez vos valeurs.

 

Dans son livre « poussières d’étoiles », Hubert Reeves pousse encore un peu plus le paradoxe puisqu’il y démontre que nous sommes tous identiques : juste un assemblage subtil d’atomes issus de soleils disparus…

Par Eric - Publié dans : Réflexions
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Commentaires

excellent, excellent, excellent! j'adère, j'adore et j'admire!

Commentaire n°1 posté par zara le 23/05/2011 à 11h29
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