Partager l'article ! 86- Pourquoi la crise?: Pourquoi la crise? Parce que nous le valons bien (publicité). Marx avait dit : « Le capitalisme ...
Ils sont fous...
Pourquoi ce titre? Parce que je pense que nous le sommes devenus. Dans notre course effrénée aux ambitions et aux convoitises, nous
perdons de vue l'important et le raisonnable. Le blog d'Eric LUDWIG
Pourquoi la crise?
Parce que nous le valons bien (publicité).
Marx avait dit : « Le capitalisme par avidité s’autodétruit ». (merci Patrick).
La recherche du profit maximum est visible à tous les niveaux:
A celui d’un pays où ses indicateurs de santé ne prennent pas en compte les notions de qualité de vie, d’éducation, de santé, mais seulement d’activité et de
consommation (calcul de la croissance).
A celui des dirigeants d’entreprise qui préfèrent déménager leur usine vers un pays lointain où les salaires sont 10 ou 20 fois inférieurs aux nôtres, tout en sachant que le coût de fabrication
ajouté à celui d’acheminement reste toujours très intéressant financièrement. Un avantage ne va pas sans un second puisque ces pays ne préconisent aucune contrainte de productivité écologique et
équitable. C’est le deuxième effet kiss kool (Re pub).
A celui des actionnaires qui imposent des rentabilités financières maximales déplaçant ainsi des fonds utiles (9.7% depuis
1980) pour le bon fonctionnement des sociétés vers leur portefeuille. Actionnaires qui s’autorisent des manœuvres boursières que l’on jugerait illégales ailleurs puisqu’il leur est
possible d’acheter sans en avoir l’argent des actions dont le cours monte et de les revendre ensuite pour rembourser l’achat mais aussi empocher la différence, ou encore vendre des actions qu’ils
ne possèdent pas pour les acheter juste ensuite lorsque le cours a baissé et empocher encore la différence. Que le cours monte ou descend, il y a moyen de se faire de l’argent sans rien posséder
au départ.
A celui des consommateurs qui recherchent automatiquement le prix le plus bas favorisant sans le savoir et sans le vouloir la bonne santé des entreprises
externationalisées mais aussi la précarité de son voisin récemment licencié d’une boîte familiale condamnée à déménager en Inde ou en Chine pour survivre. Ce même voisin, sans aucune marge de
manœuvre, n’aura alors plus le choix que de consommer des produits discount… …favorisant encore la précarité d’un autre voisin…
La machine économique est en marche.
Comment en sommes nous arrivés là?
Notre société est basé sur des économies de marché, capitalistes et libérales.
Les auteurs fondateurs des pensées du libéralisme sont Adam Smith et Thomas Hobbes
Hobbes pense que les hommes sont naturellement méchants. Ils sont portés par des désirs. D’après lui, là où il y a désir, il y a violence.
Les motifs des actions des hommes sont de plusieurs ordres :
La fierté, où l’individu s’aime au-delà des autres.
La méfiance, où l’homme n’arrive pas à voir l’autre comme un partenaire et par conséquent lorsqu’il établit des relations avec les autres, elles ne sont basées que sur la rivalité. « L’homme est un prédateur, l’homme est un loup pour l’homme. » (Thomas Hobbes)
Ce besoin conflictuel et inné est si présent que Hobbes préconise
qu’un des rôle de la société est de limiter nos libertés et par conséquent d’empêcher l’affirmation de nos désirs. Pour Hobbes, un capitalisme est florissant si la société et toujours plus
sécuritaire, plus réprimante, plus policière pour brider nos pulsions (donc nos libertés), car nous sommes coupables de perversité.
Adam Smith part du même postulat que Hobbes concernant la nature humaine:
« Mais l'homme a presque continuellement besoin du secours de ses semblables, et c'est en vain qu'il l'attendrait de leur seule bienveillance. (...) Ce n'est pas
de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu'ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur
humanité, mais à leur égoïsme; et ce n'est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c'est toujours de leur avantage. (...) La plus grande partie de ces besoins du moment se trouvent
satisfaits, comme ceux des autres hommes, par traité, par échange et par achat. » (Adam Smith)
L’homme est donc naturellement égoïste, il défend systématiquement ses intérêts avec
les autres ou à leur détriment. La perspective est tout à fait analogue à celle de Hobbes. Seulement, Smith préconise de laisser faire cette rivalité qui s‘exerce lorsque les hommes sont livrés à
eux-mêmes, car cela représente un formidable moteur pour la collectivité tout en conservant cependant l‘intime espoir que tout cela va s‘autoréguler.
Et le libéralisme est né.
L’avidité nous pousse petit à petit à dépasser les limites du raisonnable pour entrer dans des zones économiques plus lucratives, mais aussi terriblement instables
et dangereuses. La crise actuelle ne me contredira certainement pas.
Sommes-nous comme cela? Si futiles que même nos projets de société sont fondés sur notre capacité naturelle à la rivalité et à
l’avidité?
Malheureusement, je le crois de plus en plus, mais je me refuse d’en être un acteur volontaire.
Ils sont fous.
Bien à toi
Dominique/ Carmen
A bientôt.
j'ajouterais : Malheureusement, vous êtes très nombreux à dire "malheureusement" et ne faisant rien, car si, intellectuellement ce fonctionnement capitaliste est "fou et irrationnel", concrètement, pour vous, il est bien confortable... et le confort vous colle au semelles comme un vieux chewingomme hollywoodien... jusqu'ici... tout va bien....