Ils sont fous...
Pourquoi ce titre? Parce que je pense que nous le sommes devenus. Dans notre course effrénée aux ambitions et aux convoitises, nous
perdons de vue l'important et le raisonnable. Le blog d'Eric LUDWIG
Dans l’article précédent et même dans d’autres, j’énonçais qu’il était important de ne pas devenir victime de sa propre vie. Notre éducation, des aspects sociaux ou culturels, notre environnement de consommation nous poussent à accumuler des contraintes qui à force deviennent pesantes et peuvent engendrer au final du stress ou des angoisses.
« La misère psychique et spirituelle des repus produit [consommateurs], à l’autre bout, la misère matérielle des exclus, car dans une société qui fait de la vie un combat et la mort un échec, le remède à la dépression psychique est l’excitation, dont la spéculation boursière donne un exemple. La dépression culturelle engendre cette double misère, alimentée et exacerbée par la publicité – un moyen étudié pour vous rendre mécontent de ce vous avez et vous faire désirer ce que vous n’avez pas. » (Serge Latouche – Le paris de la décroissance)
Quel état d'esprit adopter face à une frustration? Comment vivre une contrainte?
Comment réagir face à la souffrance?
Dans les philosophies orientales, j’y ai puisé des principes libérateurs que je souhaiterais vous faire partager:
Favoriser le détachement et non le renoncement. Cette idée vient de Gandhi, qui dans son autobiographie « Mes expériences de vérité » décrit sa vie intime au travers d’une recherche permanente de la simplicité. Dans ce livre, le lecteur l’accompagne dans sa vie, dans ses doutes, ses certitudes et profite de sa recherche par tâtonnement de « la vérité dans la simplicité ». J’en ai extrait deux grands principes :
Notre attitude devant un échec est toujours difficile à vivre car notre société nous conditionne à la réussite. L’idée de Gandhi est d’adopter plutôt une attitude expérimentale. Sous cet angle, nous ne subissons plus une épreuve mais nous tendons une expérience. Le résultat n’est alors plus vécu comme ou victoire ou surtout un échec personnel, mais comme une information validant la poursuite ou l’abandon de cette expérience de vie.
Ensuite son deuxième principe est de favoriser le détachement. Notre attitude habituelle est de renoncer aux
choses. La notion de renoncement a toujours une connotation privative et donc contraignante. L’idée est de plutôt se détacher. Pour cela ; il faut toujours rechercher et comprendre
finement les origines d’un problème pour en accepter ensuite librement et naturellement un détachement.
Avec ces deux concepts, nous ne subissons plus, mais nous comprenons clairement les choses pour accepter de continuer dans cette voie jugée positive ou de
s'en détacher paisiblement.
« Si nous ne réfléchissons pas correctement, si notre vue est courte, nos méthodes sans profondeur, et si nous ne considérons pas les choses l’esprit ouvert et détendu, nous transformons en difficultés majeures ce qui n’était au départ que des problèmes insignifiants. En d’autres termes, nous fabriquons un grand nombre de nos propres souffrances. Voilà ce que je voulais dire pour commencer » Dalaï-Lama
« Une grande partie de nos souffrances viennent de ce que nous avons trop de pensées. En même temps, nous ne pensons pas de manière saine. Nous ne prêtons intérêt qu’à notre satisfaction immédiate, sans mesurer à long terme les avantages et les inconvénients pour nous-mêmes ou pour les autres. Or cette attitudes finit toujours par se retourner contre nous. Il est sûr et certain qu’en changeant simplement notre façon de voir les choses nous pourrions réduire nos difficultés actuelles et éviter d’en créer de nouvelles. » Dalaï-Lama
« S’il y a un remède, a quoi bon le mécontentement.
S’il n’y en a pas, a quoi bon le mécontentement ». (Shantideva)