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Vendredi 4 avril 2008

Dans l’article précédent et même dans d’autres, j’énonçais qu’il était important de ne pas devenir victime de sa propre vie. Notre éducation, des aspects sociaux ou culturels, notre environnement de consommation nous poussent à accumuler des contraintes qui à force deviennent pesantes et peuvent engendrer au final du stress ou des angoisses.

 

« La misère psychique et spirituelle des repus produit [consommateurs], à l’autre bout, la misère matérielle des exclus, car dans une société qui fait de la vie un combat et la mort un échec, le remède à la dépression psychique est l’excitation, dont la spéculation boursière donne un exemple. La dépression culturelle engendre cette double misère, alimentée et exacerbée par la publicité – un moyen étudié pour vous rendre mécontent de ce vous avez et vous faire désirer ce que vous n’avez pas. »  (Serge Latouche – Le paris de la décroissance)

 

Quel état d'esprit adopter face à une frustration? Comment vivre une contrainte? Comment réagir face à la souffrance?

Dans les philosophies orientales, j’y ai puisé des principes libérateurs que je souhaiterais vous faire partager:

 

Favoriser le détachement et non le renoncement. Cette idée vient de Gandhi, qui dans son autobiographie « Mes expériences de vérité » décrit sa vie intime au travers d’une recherche permanente de la simplicité. Dans ce livre, le lecteur l’accompagne dans sa vie, dans ses doutes, ses certitudes et profite de sa recherche par tâtonnement de « la vérité dans la simplicité ». J’en ai extrait deux grands principes :

 

Notre attitude devant un échec est toujours difficile à vivre car notre société nous conditionne à la réussite. L’idée de Gandhi est d’adopter plutôt une attitude expérimentale. Sous cet angle, nous ne subissons plus une épreuve mais nous tendons une expérience. Le résultat n’est alors plus vécu comme ou victoire ou surtout un échec personnel, mais comme une information validant la poursuite ou l’abandon de cette expérience de vie.

 

Ensuite son deuxième principe est de favoriser le détachement. Notre attitude habituelle est de renoncer aux choses. La notion de renoncement a toujours une connotation privative et donc contraignante. L’idée est de plutôt se détacher. Pour cela ; il faut toujours rechercher et comprendre finement les origines d’un problème pour en accepter ensuite librement et naturellement un détachement.


Avec ces deux concepts, nous ne subissons plus, mais nous comprenons clairement les choses pour accepter de continuer dans cette voie jugée positive ou de s'en détacher paisiblement.
 

« Si nous ne réfléchissons pas correctement, si notre vue est courte, nos méthodes sans profondeur, et si nous ne considérons pas les choses l’esprit ouvert et détendu, nous transformons en difficultés majeures ce qui n’était au départ que des problèmes insignifiants. En d’autres termes, nous fabriquons un grand nombre de nos propres souffrances. Voilà ce que je voulais dire pour commencer » Dalaï-Lama

 

« Une grande partie de nos souffrances viennent de ce que nous avons trop de pensées. En même temps, nous ne pensons pas de manière saine. Nous ne prêtons intérêt qu’à notre satisfaction immédiate, sans mesurer à long terme les avantages et les inconvénients pour nous-mêmes ou pour les autres. Or cette attitudes finit toujours par se retourner contre nous. Il est sûr et certain qu’en changeant simplement notre façon de voir les choses nous pourrions réduire nos difficultés actuelles et éviter d’en créer de nouvelles. » Dalaï-Lama

 

« S’il y a un remède, a quoi bon le mécontentement.

S’il n’y en a pas, a quoi bon le mécontentement ». (Shantideva)

 

Par Eric - Publié dans : Réflexions
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Commentaires

Ca paraît tellement simple quand on y réfléchit un peu !...

Mais finalement, n'est-ce pas là le problème ?
La société nous laisse-t-elle encore le temps de la réflexion ?

Quand on regarde comment sont remplies nos journées, que nous reste-t-il de part de temps pour la réflexion ?

On nous capte l'esprit de toutes parts, peut-être justement pour nous empêcher de réfléchir...

On l'a déjà dit, ici et ailleurs: pour bien consommer (comprendre: consommer beaucoup -- point de vue du marché), il ne faut pas trop réfléchir.

Et donc, on bombarde les consommateurs que nous sommes de messages futiles pour nous empêcher de penser.

Car quand l'homme pense, le résultat est toujours plein de bon sens...  ce qui ne plait pas à Mister Market.

Bonne continuation, Eric.
Commentaire n°1 posté par David le 07/04/2008 à 11h19
J'aime beaucoup cette phrase : favoriser le détachement et non le renoncement, c'est effectivement une grosse différence, mais tu dois commencer à me connaître, j'insisterais toujours là dessus : ne pas tomber dans l'intégrisme du non plaisir qui pourrait menacer un épicurisme bienfaiteur : laisser tomber les manipulations publicitaires et autres qui nous imposent un style de vie qui nous emprisonne malgré nous, oui ! Mais jeter le bébé avec l'eau du bain en laissant tomber ce que la beauté des 5 sens peut nous apporter, non et non ! Le détachement ne doit pas devenir coupure à soi et aux autres.
Carmen
Commentaire n°2 posté par Carmen Molina le 15/04/2008 à 11h40
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