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Jeudi 24 septembre 2009
Cet été, j’ai relu l’excellent ‘Plaidoyer pour le bonheur’ de Matthieu Riccard. L’auteur y décrit les différents aspects du bonheur et comment apprendre à le cultiver. Livre que je conseille à tous, mais là n’est pas le propos…

 

Dans un chapitre, deux vieux moines tibétains ont annoncé lors d’un séminaire où ils étaient invités qu’ils ne savaient rien !?!. Après toute une longue vie studieuse à s’enrichir et méditer sur un même sujet, comment peut-on en arriver à cette conclusion ?

Est-ce une profonde sagesse, qui les a poussés à autant de modestie? Intrigué, la question m’était restée sans réponse jusqu’à ce que Stéphane m’apporte la sienne :

 

Imaginez-vous à l’extérieur, dans votre jardin par exemple. L’air, le ciel qui vous entoure, représente par son espace tous les savoirs possibles. Au dessus de vous, une bulle. Elle englobe toutes vos connaissances, si bien qu’à l’intérieur vous y trouvez ce que vous savez déjà et à l’extérieur ce que vous ignorez encore. Plus vous apprenez, plus son volume augmente. Mais plus sa surface, cette fine frontière entre connu et inconnu où effleurent nos doutes, où apparaissent des questions encore sans réponse, augmentent tout autant.

 

Le pire est celui qui ignore qu’il ne sait pas. Il se distingue souvent par ses certitudes. Mais, celui qui sait suffisamment, peut alors mesurer toute la surface que ce qu’il ne sait pas vraiment, et que derrière celle-ci se présente encore l’immense espace de sa méconnaissance.

 

Blog de stéphane http://autrechoseailleurs.over-blog.fr/

Par Eric - Publié dans : Réflexions
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Mardi 13 janvier 2009

 

Le rapport Meadows

"En 1968 est créé "le club de Rome", organisme non politique composé d'une poignée d'hommes: un recteur d'université, un directeur de d'OCDE, un conseiller du gouvernement japonais et à leur tête un membre du comité de direction de Fiat. Ils se fixent l'objectif de traiter les problèmes globaux liés à l'évolution du monde. Leur divise : "Penser globalement, agir localement."


C'est seulement en 1972, qu'il fait réellement parler de lui par la publication d'un rapport commandé au MIT (groupe dirigé par Dennis Meadows) qui va déclencher une multitude de débats et de polémiques car il faut dire que son titre est particulièrement évocateur : "Les limites de la croissance".


La conclusion de ce rapport énonce que la croissance matérielle perpétuelle conduira inexorablement à un effondrement du monde et ce même en étant extrêmement optimiste sur l'amélioration de nos capacités technologiques, sur les économies d'énergies, sur le contrôle de la pollution...


Le but de ce rapport était de comprendre quelle serait la succession des événements engendrés par une consommation toujours croissante.
Lorsque le rapport parle d'effondrement, cela signifie une chute brutale de la population et de ses conditions de vie. Ces conclusions sont basées sur les résultats d'un modèle informatique qui prend en compte un certain nombre de paramètres comme la pollution globale, la superficie cultivable par habitant, les ressources naturelles, production industrielle par personne, le capital industriel global...


Toujours d'après ce modèle, les problèmes devraient arriver au début du XXIème siècle et s'accentueraient vers 2100 dont l'élément déclencheur étant la baisse des ressources naturelles non renouvelables. Ce modèle conduit inexorablement au même résultat, on aurait beau diminuer la pollution par 4, contrôler les naissances, même bénéficier de ressources naturelles illimitées, l'issue serait toujours la même tant que le modèle global du monde s'appuie sur une croissance perpétuelle de la production industrielle, l'effondrement serait au bout du chemin." (sources : Florian Delorme - Science et conscience - France culture)


Comme beaucoup d'autres, ce rapport m'effraie. Qui ne le serait pas?

Je reste intimement convaincu que les soubresauts ou crises que nous avons connus sont les prémices de quelque chose de beaucoup plus gros. 


D'après Hervé Kempf, journaliste au Monde : "la mondialisation se manifeste par les objets, d'abord. Le commerce des biens et services a été multiplié par six entre 1979 et 2007 : en dollars constant (valeur de 2000), il est passé de 489 milliards de dollars à 2976 milliards. Et puis, bien sûr, par les voyages, l'esprit vagabond d'une grande partie des humains nous poussant à aller voir si l'herbe est plus verte derrière la colline : les touristes internationaux étaient de 25 millions chaque année en 1950, ils seraient plus de 700 millions aujourd'hui. [...] La prospérité mondiale repose dans ce capitalisme sur l'endettement le plus effréné que l'on ait jamais expérimenté. L'inconvénient des dettes, c'est qu'on finit toujours par les payer d'une manière ou d'une autre. La dette mondiale actuelle a son prix dans le monde réel [...] La crise ouverte en 2007 n'est pas un accident, mais le symptôme d'une crise générale de la société humaine au début du troisième millénaire." (source : Pour sauver la planète, sortez du capitalisme d'Hervé Kempf)


Georges Bush père avait parfaitement résumé la situation par la phrase suivante : "Notre mode de vie n'est pas négociable." Et c'est là que se situe le réel problème. Nous sommes avides et nos modes de vies sont irraisonnables. Sur terre, il y a 1.8 hectares de terres arables par habitant alors qu'un français en utilise environ 5 et un américain presque 10 (source : Le pari de décroissance de Serge Latouche). Et c'est précisément là que se situe notre dette.


La seule solution à titre individuel est de consommer moins, nettement moins, énormément moins.

Alors, je vous pose La question : "Au regard de ces risques, que seriez-vous prêt à concéder dans votre mode de vie pour éviter cela?"

Par Eric - Publié dans : Le monde est fou
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Mercredi 24 décembre 2008

Pourquoi la crise?
Parce que nous le valons bien (publicité).


Marx avait dit : « Le capitalisme par avidité s’autodétruit ». (merci Patrick).

La recherche du profit maximum est visible à tous les niveaux: 

A celui d’un pays où ses indicateurs de santé ne prennent pas en compte les notions de qualité de vie, d’éducation, de santé, mais seulement d’activité et de consommation (calcul de la croissance).

A celui des dirigeants d’entreprise qui préfèrent déménager leur usine vers un pays lointain où les salaires sont 10 ou 20 fois inférieurs aux nôtres, tout en sachant que le coût de fabrication ajouté à celui d’acheminement reste toujours très intéressant financièrement. Un avantage ne va pas sans un second puisque ces pays ne préconisent aucune contrainte de productivité écologique et équitable. C’est le deuxième effet kiss kool (Re pub).


A celui des actionnaires qui imposent des rentabilités financières maximales déplaçant ainsi des fonds utiles (9.7% depuis 1980) pour le bon fonctionnement des sociétés vers leur portefeuille. Actionnaires qui s’autorisent des manœuvres boursières que l’on jugerait illégales ailleurs puisqu’il leur est possible d’acheter sans en avoir l’argent des actions dont le cours monte et de les revendre ensuite pour rembourser l’achat mais aussi empocher la différence, ou encore vendre des actions qu’ils ne possèdent pas pour les acheter juste ensuite lorsque le cours a baissé et empocher encore la différence. Que le cours monte ou descend, il y a moyen de se faire de l’argent sans rien posséder au départ.


A celui des consommateurs qui recherchent automatiquement le prix le plus bas favorisant sans le savoir et sans le vouloir la bonne santé des entreprises externationalisées mais aussi la précarité de son voisin récemment licencié d’une boîte familiale condamnée à déménager en Inde ou en Chine pour survivre. Ce même voisin, sans aucune marge de manœuvre, n’aura alors plus le choix que de consommer des produits discount… …favorisant encore la précarité d’un autre voisin…
La machine économique est en marche.


Comment en sommes nous arrivés là?
Notre société est basé sur des économies de marché, capitalistes et libérales.
Les auteurs fondateurs des pensées du libéralisme
sont Adam Smith et Thomas Hobbes


Hobbes pense que les hommes sont naturellement méchants. Ils sont portés par des désirs. D’après lui, là où il y a désir, il y a violence.
Les motifs des actions des hommes sont de plusieurs ordres :
La fierté, où l’individu s’aime au-delà des autres.
La méfiance, où l’homme n’arrive pas à voir l’autre comme un partenaire et par conséquent lorsqu’il établit des relations avec les autres, elles ne sont basées que sur la rivalité. « L’homme est un prédateur, l’homme est un loup pour l’homme. » (Thomas Hobbes)
Ce besoin conflictuel et inné est si présent que Hobbes préconise qu’un des rôle de la société est de limiter nos libertés et par conséquent d’empêcher l’affirmation de nos désirs. Pour Hobbes, un capitalisme est florissant si la société et toujours plus sécuritaire, plus réprimante, plus policière pour brider nos pulsions (donc nos libertés), car nous sommes coupables de perversité.

Adam Smith part du même postulat que Hobbes concernant la nature humaine: 
« Mais l'homme a presque continuellement besoin du secours de ses semblables, et c'est en vain qu'il l'attendrait de leur seule bienveillance. (...) Ce n'est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu'ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme; et ce n'est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c'est toujours de leur avantage. (...) La plus grande partie de ces besoins du moment se trouvent satisfaits, comme ceux des autres hommes, par traité, par échange et par achat. » (Adam Smith)
L’homme est donc naturellement égoïste, il défend systématiquement ses intérêts avec les autres ou à leur détriment. La perspective est tout à fait analogue à celle de Hobbes. Seulement, Smith préconise de laisser faire cette rivalité qui s‘exerce lorsque les hommes sont livrés à eux-mêmes, car cela représente un formidable moteur pour la collectivité tout en conservant cependant l‘intime espoir que tout cela va s‘autoréguler.

Et le libéralisme est né.

L’avidité nous pousse petit à petit à dépasser les limites du raisonnable pour entrer dans des zones économiques plus lucratives, mais aussi terriblement instables et dangereuses. La crise actuelle ne me contredira certainement pas.

Sommes-nous comme cela? Si futiles que même nos projets de société sont fondés sur notre capacité naturelle à la rivalité et à l’avidité?

Malheureusement, je le crois de plus en plus, mais je me refuse d’en être un acteur volontaire.

Par Eric - Publié dans : Le monde est fou
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Mercredi 23 juillet 2008
Par Eric - Publié dans : Environnement
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Vendredi 27 juin 2008

Un livre à lire : "Le pari de la décroissance" de Serge LATOUCHE


Par Eric - Publié dans : Réflexions
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Vendredi 6 juin 2008

Qu’est ce qui est important ? Ce blog existe d’une certaine façon pour m’aider à y répondre. L’article 12-L’important était une première approche mais sans réponse réelle.

 

Alors, je pense qu’il est temps maintenant s’y coller…

 

L’important est de vivre pleinement en conformité avec ses valeurs. Vivre pleinement ne veut surtout pas dire voyager tout le temps, faire la fête continuellement, avoir un emploi du temps surchargé, remplir tous les jours de sa vie d’activités débordantes.

 

Vivre pleinement, c’est être en capacité d’apprécier, de savourer chaque jour comme il est. Pour cela, il faut passer par un changement de mentalité, une culture de la simplicité. Il faut apprendre à se concentrer sur l’important et se détacher du futile. Ce n’est pas évident, car tout autour de nous, nous incite au chemin opposé. Pour exemple, même l’expression « réussir sa vie » sous-entend bien une activité professionnelle dense et très fortement rémunérée. La réussite de la vie est-elle vraiment proportionnelle au statut social, à l’épaisseur du portefeuille, à la taille et la marque de la voiture ?

 

Comprendre que la solution est dans la simplicité car elle empêche de tomber dans certains travers où on s’encombre de détails futiles qui polluent l’esprit (voir 56- Ce que tu possèdes te possède à son tour). Plus nous nous entourons de choses futiles, plus elles nous demandent de l’attention et donc une perte de notre liberté. Je ne prône pas une vie monastique, mais un regard plus sobre pour une vie meilleure, moins contraignante, et surtout une vie dont nous ne sommes pas les victimes. Ce que m’a appris ce blog au travers des rencontres c’est que la véritable liberté n’est pas dans le fait de pouvoir agir ou avoir, mais bien au delà, d’avoir la clairvoyance suffisante pour savoir refuser.

 

Il y a aussi ceux qui nous détestent, les maladivement jaloux. Malgré toutes les tentatives, ils continuent à cultiver un regard négatif, à exercer une pression malsaine. Ce sont des voisins, des collègues, des connaissances. Dans ce cas, il faut apprendre à cultiver le détachement envers ces indécrottables car comme disait Madame Du Châtelet : « La plus belle réponse envers ceux qui nous détestent, c’est de vivre heureux ».

 

Cultiver la simplicité est La Solution. Elle procure une immunité contre les insatisfactions. Elle offre un détachement suffisant pour apprécier pleinement ce que l’on a déjà.

 

Cultiver l’approche des autres, la sympathie et la générosité sont aussi des actes égoïstes qu’il faut encourager car ils augmentent l’estime de soi par la sensation d’avoir bien agi.

 

Voici pour moi ce qu’est l’important, la voie que j’ai choisi librement d’emprunter.

 

« Nous ne devenons jamais que l’une des nombreuses personnes que nous aurions été capables de devenir. Nous ne développons que certaines potentialités de notre nature, celles compatibles, certes, avec les conditions d’environnement auxquelles nous sommes exposés, mais celles aussi qui dépendent des choix que nous faisons dans le cours de nos propres vies. » (René Dubos)


« La liberté extérieure que nous atteindrons dépend du degré de liberté intérieure que nous avons acquis. Si telle est la juste compréhension de la liberté, notre effort principal doit être consacré à accomplir un changement en nous-mêmes. » (Mahatma Gandhi) 

 

 

Par Eric - Publié dans : Réflexions
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Samedi 24 mai 2008

Soyez les biens bienvenus !

Et oui, c’est déjà la troisième édition de notre grand concours annuel ! voir 2007 et 2006

Le panel des candidats était cette année très homogène. Certains habitués, toujours fidèles ont répondu présents et nous sommes toujours heureux de les revoir. Mais pour cette année, il ne faut pas oublier aussi les petits nouveaux !

Ce sang neuf est venu chahuter un peu ce concours par leurs idées toujours plus novatrices et prometteuses…

En préambule, je parlais donc des habitués. Nos éternels marcheurs du dimanche, présents encore en 2007, n’ont malheureusement pas reconduit leur candidature, car la barre est d’année en année toujours plus haute, et ne se sentaient plus en capacité de lutter. Nous leur souhaitons une bonne continuation. Je ne serais pas présomptueux en disant que : « Toute l’équipe et moi même, sommes de tout cœur avec eux ». Mais, c’est la loi du jeu ! Seuls, les plus forts restent !

Intéressons-nous maintenant à nos vieilles connaissances…

Il y a toujours ceux qui utilisent leur voiture pour faire quelque centaines de mètres. Prestation tout de même à saluer avec l’augmentation du prix de l’essence. Bravo à vous! Mais bien évidemment, ce n’est pas suffisant pour sensibiliser le jury toujours plus exigeant.

Dans ce domaine, nous retrouvons aussi les conducteurs citadins d’énormes 4x4 rutilants et énergivores tous équipés d’accessoires indispensables en ville comme le pare-buffle et le schnorkel ! Suite à une promenade dominicale, une petite minorité s’est autorisée à laisser temporairement une giclée de boue sur la carrosserie, signe évident et ostentatoire d’un raid aventure dans un chemin où au moins une roue a roulé dans une flaque ! Que d’émotions ce jour là !
Mais le jury, le regard toujours plus aiguisé, est resté cette année impassible…

Enfin, voilà les petits nouveaux que nous attendions tous !

Durant une bonne partie de l’année ce candidat postulait pour la première place. Il a brillé par son intelligence et le faible coût de sa démarche : « Laisser continuellement une béquille dans sa voiture pour attirer le regard compatissant des piétons lorsqu’il se gare sur une place réservée aux handicapés ». Génial, non ! Les places de parking sont toujours libres et se situent toujours au plus près des magasins. C’est du tout bénef. Simple, pratique, efficace, la marque d’un génie.
Le jury est resté très impressionné par cette créativité que nous pouvons tous saluer. 

Mais au dernier moment, retournement de situation ! Une inscription de dernière minute a tout bouleversé ! C
e n’est pas une personne mais une association, celle des habitants des pays riches qui exigent des taux d’intérêt élevés pour leurs comptes, présage d’un argent facile et rapide, mais aussi à tous ceux qui exigent un pouvoir d’achat toujours grandissant alors qu'une grande partie vit déjà très confortablement. La société en tentant d’y répondre a demandé à ses traders de spéculer sur les matières premières comme le blé ou le riz. Les prix ont doublé, ce qui condamne ceux dont l’alimentation représentait 80% de leur budget à manger des pains d’argile ou à mourir. Mais cela n’est rien à côté de notre bénéfice direct qui nous permettra de remplacer plus rapidement notre ancestral téléviseur grand écran de l’année dernière par un tout nouveau ultra haute définition avec un son encore plus surround et de nouveaux effets galaxyco-spaciaux. « Il paraitrait que si l’on regarde la guerre des étoiles avec ce nouveau modèle, on peut y voir plus d’étoiles et les images sont vachement plus fluides !» 

A l’unanimité, le jury a déclaré ce groupe vainqueur avec une mention spéciale pour complicité de crime organisé, mais pondéré tout de même par un refus de nuire aidé à cela par une hypnotique volonté de consommation et une cécité médiatique.

Comme chaque année, le jury salue les performances toujours grandissantes et dédie à tous les candidats cette chronique.    

Par Eric - Publié dans : Le monde est fou
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Mardi 20 mai 2008
Par Eric - Publié dans : Le monde est fou
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Samedi 10 mai 2008
C'était un début de siècle, c'était une terre où il poussait de la faim. Au lieu d'y faire pousser du blé, du riz, on plantait des graines de pétrole et on récoltait des ventres creux, des regards affamés. Et oui, c'était de début de la faim. Ou plutôt la suite, près de 900 millions de gueux, d'estomacs en sursis testent le modèle des jours sans lendemain. 900 millions aujourd'hui, demain 2 milliards, qui dit mieux ?


Oui, mais comprenez, moi mon boulot en dollars, en yuans, en euros, en yens assoiffés c'est d'être placé. En peu de temps, pomper un max comme le gui sur la branche, comme une cellule maligne, comme un tuyau qu'on branche, j'assèche, j'avale, je taris, je me fais une ligne de crédit, et puis, je me tire, je change d'axe, un jour les diamants, un autre le pétrole, les OGM... ouais !!!


La construction américaine... Oh, j'ai laissé tomber. Trop vulgaire, on vendait à des pauvres qui n'étaient pas solvables.


L'économie réelle ? Ah ! Non, vous faites erreur. Je me présente, je suis la spéculation, la bulle financière. Je ne produits rien du tout. Je spécule donc je suis l'ami des traders, le financial killer pour vous servir.


Alors en ce moment, mon truc c'est l'acier, le ciment, le cuivre, mais surtout, surtout, j'en croque pour les céréales. Donc aussi, le lait, le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la banquière. La bouffe quoi... Imparable ! Plus de 6 milliards de ventres ! Un sur cinq est asiatique. La faim pour les pauvres, l'obésité pour les riches et les deux pour les pauvres dans les pays riches.


Y a bon la spéculation, y a pas de feux rouges, y a pas de lignes blanches sauf pour la coke, pas d'éthique, de frontière, pas de régulation, tout ce que j'aime, je me balade, j'adore ce monde !


Comment cela, je fais monter les prix de la nourriture ? Il n'y a donc pas que le réchauffement climatique et la rareté ? Je ne peux donc pas leurs mettre tout sur le dos à ceux là ? Remplir des réservoirs et vider les ventres avec les mêmes céréales, j'y suis pour quelque chose ? Non, vraiment vous croyez ?


Le même flacon est toujours plus de monde au balcon. La même bouteille pour tout le monde dans un monde fini. Ah oui, ça c'est nouveau, cela vient de sortir. Ca fait mal à l'égo, mais ça dégraisse la vie.


Down Jones du matin, indice nikkei du soir, cac 40 remonte enfin... L'environnement est à genou. Croissance mon beau miroir, on s'en fout, la nature ça ne compte pas !


Oui, oui, oui, mais la plus belle terre du monde ne peut donner que ce qu'elle a ! Alors, je vous connais, bientôt vous allez me dire : « Il faudrait mieux partager les ressources ». Mais comme vous y allez ! Heureusement que dans beaucoup de pays on emprisonne pour moins que cela !


C'était une terre et un début de siècle où il poussait de la faim. Au lieu d'y faire pousser du blé, il y poussait des ventres affamés. C'était le début de la faim, mais, mais on va se réveiller. Lutter, sobriété, chercher un nouveau graal en jouant moins perso. Apprendre à être heureux demain en faisant plus avec bien moins. Ce sera un peu long. Mais vous verrez, même vous vous direz : « Même pas mal ! ».


Denis CHEISSOUX -
CO2 Mon amour - France Inter

Par Eric
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Samedi 19 avril 2008

Petit coup de blues, car malheureusement l’argent gagne encore et toujours…

 

 

L’actualité

 

Il y avait des espoirs, ils s’appelaient Reach, Grenelle… Mais le temps et nos instances institutionnelles ont vidé ces (mes, nos) espoirs de toutes substances nobles d’origine…

 

L’actualité du moment laisse à penser que les OGM vont être autorisés en France. Choix gouvernemental allant à l’opposé de la volonté des électeurs qu’ils doivent représenter.

En revanche, des associations comme kokopeli sont poursuivies et doivent payer de fortes amendes pour oser vendre des variétés anciennes de semences de terroir non répertoriées dans un catalogue national (qui contient déjà des semences OGM de Monsanto – Source Terre à terre - France culture).

 

L’actualité parle aussi de famines liées à l’explosion du prix des céréales, elle-même provoquée par la montée en production des agrocarburants. Il semble plus lucratif de produire de l’essence que de nourrir des populations qui en ont vraiment besoin.

 

Le constat mathématique

 

Le premier constat actuel est très simple : la terre ne contient que 12 milliards d’hectares bio productifs. En divisant cette superficie par la population mondiale, on obtient un espace de 1,8 hectare par habitant, surface destinée à la production et au recyclage de besoins individuels. D’après l’institut  Redefining Progress nous en sommes à une moyenne de 2,2 h/habitant et nos champions sont les Américains avec 9.6, les Canadiens avec 7.2 et les Français avec 5.26.

 

Le deuxième constat est délimité par la capacité de la nature à recycler notre CO2. Il y a principalement le plancton et la forêt (et nous faisons tout pour qu’ils disparaissent). Les données actuelles indiquent qu’il faudrait diviser par un facteur 4 nos consommations énergétiques génératrices de CO2.

 

Le troisième constat est ce que les spécialistes appellent la bombe P (P comme population). Très rapidement nous serons 9 milliards, nous ne puiserons plus nos ressources sur 1.8 hectare/habitant mais sur encore moins.

 

Comment allons-nous gérer cela ?

 

L’hypothèse qui se dessine est de favoriser une sélection par le plus fort et le plus riche :

-          une petite guerre en Irak pour sauver la liberté et pourquoi pas pendant qu’on y est avoir aussi la main mise sur la production de pétrole histoire de ne pas s’être déplacé pour rien ;

-          un développement des agrocarburants où chaque plein de 50 litres représente l’alimentation en céréale d’une personne pendant un an ;

-          favoriser une croissance économique mathématiquement impossible à tenir ;

-          ne pas (trop) aider les populations en déclin par la famine ou la maladie (sida) histoire de baisser gratuitement les effectifs terriens…et donc d’augmenter la superficie bioproductive par habitant.

 

 

Mes espoirs

 

Il existe cependant une alternative. Elle demande un effort d’apprentissage et de désintoxication pour favoriser le « bien être » et non plus le « bien avoir ». Pour l’objecteur de croissance François Brune, «  la recherche de la simplicité volontaire, ou si l’on préfère d’une vie sobre, n’a rien à voir avec un parti pris de frustration masochiste. C’est le choix de vivre autrement, de vivre mieux en fait, et plus en harmonie avec ses convictions, en remplaçant la course aux biens matériels par la recherche de valeurs plus satisfaisantes. Les rares familles qui choisissent de vivre sans télévision ne sont pas à plaindre. Aux satisfactions que pourrait leur offrir la lucarne magique, elles en préfèrent d’autres : vie familiale ou sociale, lecture, jeux, activités artistiques, temps libre pour rêver et simplement goûter la vie… […] Ce chemin est évidemment en général progressif, et ne va pas de soi tant sont fortes les pressions contraires de la société. C’est le chemin qui demande de dominer ses peurs, peur du vide, peur de manquer, peur de l’avenir, peur aussi de ne pas être conforme aux moules préfabriqués, peur de se remarquer par rapport aux normes en vigueur. C’est le choix de vivre aujourd’hui plutôt que de sacrifier la vie présente à la consommation ou à l’accumulation de valeurs sans valeur, à la construction d’un plan de carrière censé rendre demain satisfaisant, ou au remplissage d’un plan d’épargne chargé de contrer la peur de ne pas en avoir assez. »

 

 

 

« Qu’est ce qui vous surprend le plus dans l’humanité ? Les hommes….Parce qu’ils perdent la santé pour accumuler de l’argent, ensuite ils perdent de l’argent pour retrouver la santé.

Et à penser anxieusement au futur, ils oublient le présent de telle forme qu’ils finissent par non vivre ni le présent ni le futur. Ils vivent comme si ils n’allaient jamais mourir…..

…Et meurent comme si ils n’avaient jamais vécu. » (Dalaï Lama)

 

 

A lire absolument :

Le pari de la décroissance de Serge Latouche

http://eeunded.wordpress.com/2008/02/13/se-changer-soi-pour-changer-le-monde/

 

Par Eric - Publié dans : Le monde est fou
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