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Samedi 10 mai 2008
C'était un début de siècle, c'était une terre où il poussait de la faim. Au lieu d'y faire pousser du blé, du riz, on plantait des graines de pétrole et on récoltait des ventres creux, des regards affamés. Et oui, c'était de début de la faim. Ou plutôt la suite, près de 900 millions de gueux, d'estomacs en sursis testent le modèle des jours sans lendemain. 900 millions aujourd'hui, demain 2 milliards, qui dit mieux ?


Oui, mais comprenez, moi mon boulot en dollars, en yuans, en euros, en yens assoiffés c'est d'être placé. En peu de temps, pomper un max comme le gui sur la branche, comme une cellule maligne, comme un tuyau qu'on branche, j'assèche, j'avale, je taris, je me fais une ligne de crédit, et puis, je me tire, je change d'axe, un jour les diamants, un autre le pétrole, les OGM... ouais !!!


La construction américaine... Oh, j'ai laissé tomber. Trop vulgaire, on vendait à des pauvres qui n'étaient pas solvables.


L'économie réelle ? Ah ! Non, vous faites erreur. Je me présente, je suis la spéculation, la bulle financière. Je ne produits rien du tout. Je spécule donc je suis l'ami des traders, le financial killer pour vous servir.


Alors en ce moment, mon truc c'est l'acier, le ciment, le cuivre, mais surtout, surtout, j'en croque pour les céréales. Donc aussi, le lait, le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la banquière. La bouffe quoi... Imparable ! Plus de 6 milliards de ventres ! Un sur cinq est asiatique. La faim pour les pauvres, l'obésité pour les riches et les deux pour les pauvres dans les pays riches.


Y a bon la spéculation, y a pas de feux rouges, y a pas de lignes blanches sauf pour la coke, pas d'éthique, de frontière, pas de régulation, tout ce que j'aime, je me balade, j'adore ce monde !


Comment cela, je fais monter les prix de la nourriture ? Il n'y a donc pas que le réchauffement climatique et la rareté ? Je ne peux donc pas leurs mettre tout sur le dos à ceux là ? Remplir des réservoirs et vider les ventres avec les mêmes céréales, j'y suis pour quelque chose ? Non, vraiment vous croyez ?


Le même flacon est toujours plus de monde au balcon. La même bouteille pour tout le monde dans un monde fini. Ah oui, ça c'est nouveau, cela vient de sortir. Ca fait mal à l'égo, mais ça dégraisse la vie.


Down Jones du matin, indice nikkei du soir, cac 40 remonte enfin... L'environnement est à genou. Croissance mon beau miroir, on s'en fout, la nature ça ne compte pas !


Oui, oui, oui, mais la plus belle terre du monde ne peut donner que ce qu'elle a ! Alors, je vous connais, bientôt vous allez me dire : « Il faudrait mieux partager les ressources ». Mais comme vous y allez ! Heureusement que dans beaucoup de pays on emprisonne pour moins que cela !


C'était une terre et un début de siècle où il poussait de la faim. Au lieu d'y faire pousser du blé, il y poussait des ventres affamés. C'était le début de la faim, mais, mais on va se réveiller. Lutter, sobriété, chercher un nouveau graal en jouant moins perso. Apprendre à être heureux demain en faisant plus avec bien moins. Ce sera un peu long. Mais vous verrez, même vous vous direz : « Même pas mal ! ».


Denis CHEISSOUX -
CO2 Mon amour - France Inter

par Eric
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Samedi 19 avril 2008

Petit coup de blues, car malheureusement l’argent gagne encore et toujours…

 

 

L’actualité

 

Il y avait des espoirs, ils s’appelaient Reach, Grenelle… Mais le temps et nos instances institutionnelles ont vidé ces (mes, nos) espoirs de toutes substances nobles d’origine…

 

L’actualité du moment laisse à penser que les OGM vont être autorisés en France. Choix gouvernemental allant à l’opposé de la volonté des électeurs qu’ils doivent représenter.

En revanche, des associations comme kokopeli sont poursuivies et doivent payer de fortes amendes pour oser vendre des variétés anciennes de semences de terroir non répertoriées dans un catalogue national (qui contient déjà des semences OGM de Monsanto – Source Terre à terre - France culture).

 

L’actualité parle aussi de famines liées à l’explosion du prix des céréales, elle-même provoquée par la montée en production des agrocarburants. Il semble plus lucratif de produire de l’essence que de nourrir des populations qui en ont vraiment besoin.

 

Le constat mathématique

 

Le premier constat actuel est très simple : la terre ne contient que 12 milliards d’hectares bio productifs. En divisant cette superficie par la population mondiale, on obtient un espace de 1,8 hectare par habitant, surface destinée à la production et au recyclage de besoins individuels. D’après l’institut  Redefining Progress nous en sommes à une moyenne de 2,2 h/habitant et nos champions sont les Américains avec 9.6, les Canadiens avec 7.2 et les Français avec 5.26.

 

Le deuxième constat est délimité par la capacité de la nature à recycler notre CO2. Il y a principalement le plancton et la forêt (et nous faisons tout pour qu’ils disparaissent). Les données actuelles indiquent qu’il faudrait diviser par un facteur 4 nos consommations énergétiques génératrices de CO2.

 

Le troisième constat est ce que les spécialistes appellent la bombe P (P comme population). Très rapidement nous serons 9 milliards, nous ne puiserons plus nos ressources sur 1.8 hectare/habitant mais sur encore moins.

 

Comment allons-nous gérer cela ?

 

L’hypothèse qui se dessine est de favoriser une sélection par le plus fort et le plus riche :

-          une petite guerre en Irak pour sauver la liberté et pourquoi pas pendant qu’on y est avoir aussi la main mise sur la production de pétrole histoire de ne pas s’être déplacé pour rien ;

-          un développement des agrocarburants où chaque plein de 50 litres représente l’alimentation en céréale d’une personne pendant un an ;

-          favoriser une croissance économique mathématiquement impossible à tenir ;

-          ne pas (trop) aider les populations en déclin par la famine ou la maladie (sida) histoire de baisser gratuitement les effectifs terriens…et donc d’augmenter la superficie bioproductive par habitant.

 

 

Mes espoirs

 

Il existe cependant une alternative. Elle demande un effort d’apprentissage et de désintoxication pour favoriser le « bien être » et non plus le « bien avoir ». Pour l’objecteur de croissance François Brune, «  la recherche de la simplicité volontaire, ou si l’on préfère d’une vie sobre, n’a rien à voir avec un parti pris de frustration masochiste. C’est le choix de vivre autrement, de vivre mieux en fait, et plus en harmonie avec ses convictions, en remplaçant la course aux biens matériels par la recherche de valeurs plus satisfaisantes. Les rares familles qui choisissent de vivre sans télévision ne sont pas à plaindre. Aux satisfactions que pourrait leur offrir la lucarne magique, elles en préfèrent d’autres : vie familiale ou sociale, lecture, jeux, activités artistiques, temps libre pour rêver et simplement goûter la vie… […] Ce chemin est évidemment en général progressif, et ne va pas de soi tant sont fortes les pressions contraires de la société. C’est le chemin qui demande de dominer ses peurs, peur du vide, peur de manquer, peur de l’avenir, peur aussi de ne pas être conforme aux moules préfabriqués, peur de se remarquer par rapport aux normes en vigueur. C’est le choix de vivre aujourd’hui plutôt que de sacrifier la vie présente à la consommation ou à l’accumulation de valeurs sans valeur, à la construction d’un plan de carrière censé rendre demain satisfaisant, ou au remplissage d’un plan d’épargne chargé de contrer la peur de ne pas en avoir assez. »

 

 

 

« Qu’est ce qui vous surprend le plus dans l’humanité ? Les hommes….Parce qu’ils perdent la santé pour accumuler de l’argent, ensuite ils perdent de l’argent pour retrouver la santé.

Et à penser anxieusement au futur, ils oublient le présent de telle forme qu’ils finissent par non vivre ni le présent ni le futur. Ils vivent comme si ils n’allaient jamais mourir…..

…Et meurent comme si ils n’avaient jamais vécu. » (Dalaï Lama)

 

 

A lire absolument :

Le pari de la décroissance de Serge Latouche

http://eeunded.wordpress.com/2008/02/13/se-changer-soi-pour-changer-le-monde/

 

par Eric publié dans : Le monde est fou
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Vendredi 4 avril 2008

Dans l’article précédent et même dans d’autres, j’énonçais qu’il était important de ne pas devenir victime de sa propre vie. Notre éducation, des aspects sociaux ou culturels, notre environnement de consommation nous poussent à accumuler des contraintes qui à force deviennent pesantes et peuvent engendrer au final du stress ou des angoisses.

 

« La misère psychique et spirituelle des repus produit [consommateurs], à l’autre bout, la misère matérielle des exclus, car dans une société qui fait de la vie un combat et la mort un échec, le remède à la dépression psychique est l’excitation, dont la spéculation boursière donne un exemple. La dépression culturelle engendre cette double misère, alimentée et exacerbée par la publicité – un moyen étudié pour vous rendre mécontent de ce vous avez et vous faire désirer ce que vous n’avez pas. »  (Serge Latouche – Le paris de la décroissance)

 

Quel état d'esprit adopter face à une frustration? Comment vivre une contrainte? Comment réagir face à la souffrance?

Dans les philosophies orientales, j’y ai puisé des principes libérateurs que je souhaiterais vous faire partager:

 

Favoriser le détachement et non le renoncement. Cette idée vient de Gandhi, qui dans son autobiographie « Mes expériences de vérité » décrit sa vie intime au travers d’une recherche permanente de la simplicité. Dans ce livre, le lecteur l’accompagne dans sa vie, dans ses doutes, ses certitudes et profite de sa recherche par tâtonnement de « la vérité dans la simplicité ». J’en ai extrait deux grands principes :

 

Notre attitude devant un échec est toujours difficile à vivre car notre société nous conditionne à la réussite. L’idée de Gandhi est d’adopter plutôt une attitude expérimentale. Sous cet angle, nous ne subissons plus une épreuve mais nous tendons une expérience. Le résultat n’est alors plus vécu comme ou victoire ou surtout un échec personnel, mais comme une information validant la poursuite ou l’abandon de cette expérience de vie.

 

Ensuite son deuxième principe est de favoriser le détachement. Notre attitude habituelle est de renoncer aux choses. La notion de renoncement a toujours une connotation privative et donc contraignante. L’idée est de plutôt se détacher. Pour cela ; il faut toujours rechercher et comprendre finement les origines d’un problème pour en accepter ensuite librement et naturellement un détachement.


Avec ces deux concepts, nous ne subissons plus, mais nous comprenons clairement les choses pour accepter de continuer dans cette voie jugée positive ou de s'en détacher paisiblement.
 

« Si nous ne réfléchissons pas correctement, si notre vue est courte, nos méthodes sans profondeur, et si nous ne considérons pas les choses l’esprit ouvert et détendu, nous transformons en difficultés majeures ce qui n’était au départ que des problèmes insignifiants. En d’autres termes, nous fabriquons un grand nombre de nos propres souffrances. Voilà ce que je voulais dire pour commencer » Dalaï-Lama

 

« Une grande partie de nos souffrances viennent de ce que nous avons trop de pensées. En même temps, nous ne pensons pas de manière saine. Nous ne prêtons intérêt qu’à notre satisfaction immédiate, sans mesurer à long terme les avantages et les inconvénients pour nous-mêmes ou pour les autres. Or cette attitudes finit toujours par se retourner contre nous. Il est sûr et certain qu’en changeant simplement notre façon de voir les choses nous pourrions réduire nos difficultés actuelles et éviter d’en créer de nouvelles. » Dalaï-Lama

 

« S’il y a un remède, a quoi bon le mécontentement.

S’il n’y en a pas, a quoi bon le mécontentement ». (Shantideva)

 

par Eric publié dans : Réflexions
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Jeudi 20 mars 2008

77.JPG

Une info est passée discrètement sur France Info il y a environ un mois. Surpris par sa teneur, j'ai attendu les réactions, mais rien, le calme plat... Alors je réagis.

 

L’information glissée entre un résultat de foot et un scandale plus people que politique était : « ces 25 dernières années, le nombre de cancers a doublé. » Comprenez une augmentation de 100% en une génération ! La question qui m’est venue automatiquement à l’esprit est : pourquoi ?

 

En discutant avec mon entourage sur ce sujet, j’ai eu droit à des banalités avec toujours une forme de soumission du style : « C’est malheureux, mais à notre niveau qu’est que tu veux qu’on fasse ». Si vous ne croyez pas qu’un acte individuel puisse influer sur quelque chose, alors pourquoi aller encore voter ?

 

Selon le professeur Dominique BELPOMME, dans son livre « Ces maladies créées par l'homme », ce cancérologue nous affirme que 80 à 90% des cancers sont causés par la dégradation de notre environnement.

 

Je suis d’accord sur le fait qu’il existe un seuil individuel de sensibilité issu de notre patrimoine génétique. Il y en a qui fument toute leur vie et n'ont jamais rien et d’autres c’est le contraire. Mais une pareille augmentation sur une période si courte n’est pas le reflet d’un changement génétique de toute la population.

 

 

Quels en sont les facteurs ?

 

Notre environnement psychique

« Notre vie n’est que souffrance » est une doctrine bouddhiste et il faut apprendre à l’accepter. Dans notre vie, nous allons rencontrer les maladies, la mort pour nos proches et aussi la nôtre. Mais pourquoi en rajouter encore et encore ? Notre société souffre du stress, des contraintes que l’on s’inflige pour réussir sa vie, de la frustration de ce que l’on n’a pas encore et que l’on pourrait avoir, de la pression de la compétition professionnelle permanente, des contraintes de ce que l’on possède (voir 56- Ce que tu possèdes te possède à son tour). Je pense que le premier effort est de comprendre cela, de mesurer lucidement son niveau de contraintes supplémentaires que l’on s’inflige pour répondre à des exigences sociales et culturelles. Elles ne sont ni obligatoires et ni inévitables. La seconde étape dans cette compréhension est de pacifier ses obstacles en changeant notre vision du monde et ainsi se soustraire des environnements psychiques contraignants. (voir 23- Graine de bonheur et 59- Quel est le but de la vie).

 

Notre environnement physique

Mon corps est un espace d’échange permanent. La personne physique est une notion floue. On pourrait penser que mon corps est délimité par ma peau et donc ce qui est à l’intérieur de cette enveloppe est mon corps et ce qui à l’extérieur ne l’est pas. Sauf qu’au moment où j’inspire, l’air extérieur n’en faisant pas partie, entre, passe par les poumons, puis le sang qui le véhicule dans tout le corps. Lorsque vous dites que ça sent la M... , c’est que des molécules de cette matière sont arrivées dans votre gorge pour être détectées par vos organes sensoriels. Bref, notre corps échange en permanence avec le monde extérieur. Nous mangeons, buvons, respirons, touchons, excrétons, transpirons, bref échangeons en permanence.  

Donc, il me semble qu’il faille favoriser des environnements sains en recherchant la simplicité dans ce que nous consommons, dans ce que nous respirons. Evitez alors de consommer des aliments dont la liste des ingrédients ressemble plus à une formule chimique qu’à autre chose. Evitez d’acheter le nouveau nettoyant super actif qui vous soulage de l’effort de frotter. Evitez d’utiliser des produits phytosanitaires (le terme est ironiquement comique) dans votre jardin. Evitez toutes ces choses qui au premier abord facilitent la vie, mais qui se retournent un jour contre vous (Voir 21- Le yin et le yang).

 

Recherchez la simplicité, car j’en suis convaincu, c’est là que se trouve la solution à tous nos maux.

 

 

par Eric publié dans : Environnement
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Lundi 10 mars 2008
confo.JPGJe n’ai pas de téléphone portable et je n’en veux pas car je n’en ai pas besoin. Et pourtant souvent avec beaucoup de gentillesse ou parfois sur le ton de la plaisanterie mes amis tentent de me remettre sur le droit chemin en disant : « Sort de ta caverne, il te faut un téléphone portable. De nos jours, tout le monde en a un.»
 
Pourquoi faire comme les autres ? Chacun ses idées, ses besoins. Le conformisme est une facilité. Conserver ses idées, ses convictions me semble très important.
 
Noam Chomsky avait écrit : « Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle ». D’ailleurs, Normand Baillargeon l’a pris au mot et en a fait un livre (Petit cours d’autodéfense intellectuelle) que je conseille à tous.
 
Pour commencer, voici une expérience en psychologie : On conduit un volontaire dans une pièce où se trouvent neuf chaises disposées en demi-cercle. On l’installe sur l’avant dernière et, peu à peu, tous les sièges sont occupés par d’autres participants. On leurs projette simultanément deux images. La première ne représente qu’une ligne alors que la seconde en représente trois : une plus petite, une plus longue et enfin une de longueur identique à celle de la première image. On demande au groupe d’identifier quelle ligne de la deuxième image a une longueur identique à celle de la première image. L’exercice semble facile. Sauf qu’à l’exception du volontaire, tous les autres participants sont complices de l’expérience et choisissent la ligne la plus petite. Lorsque vient le moment où le volontaire doit se prononcer, il choisit souvent la même ligne que le groupe. Les résultats de l’expérience montrent que le tiers des volontaires se conforment à chaque fois au choix du groupe et que 75% y adhèrent au moins un fois. Le conformiste est une attitude facile et confortable mais étouffe la personnalité et l’expression de ses idées.
 
Pourquoi faire comme les autres ? Nous disposons chacun de nos propres goûts. Pourquoi créer un hit parade des « meilleures » chansons ? On y indique ainsi ce qu’il faut aimer pour se conformer à la volonté du groupe et y être ainsi mieux intégré.
 
La mode en est un autre exemple. On peut entendre des absurdités du type : « Cet hiver la tendance sera au marron avec une note de zen attitude. » Traduction : « Si vous ne souhaitez pas passer pour un ringard… ». Pierre Desproges avait très justement détourné la célèbre phrase de Pascal en « Je pense donc tu suis. ».
 
Pourquoi dans ce cas ne pas tout classer en top 50 ? On aurait alors la sélection de la semaine des meilleurs plats cuisinés et on saurait ainsi ce que l’on devrait aimer manger : « Cette semaine en troisième position, la choucroute ravit la place du cassoulet qui dégringole en dixième position ». Ces plats seraient alors présentés dans les rayons de l’alimentation comme chez les disquaires !
 
Je pense qu’il est très important de conserver sa propre personnalité, ses idées. Le conformisme engendre un appauvrissement de la diversité d’une société. Cette diversité qui en fait d’ailleurs sa richesse. Dans notre histoire, ce sont les marginaux, les excentriques qui l’ont toujours fait progresser. Il faut que chacun ait le courage de s’affirmer avec ses aspects positifs et négatifs pour que cette diversité enrichisse toujours plus le groupe. Le paradoxe est que nous, individus d’une société, souffrons de ne pas être suffisamment acceptés et reconnus par l’autre, mais d’un autre côté, nos pensées, nos attitudes convergent vers un comportement commun conforme à l’unicité du groupe. Savoir défendre ses convictions, c’est aussi une sorte de liberté.
par Eric publié dans : Réflexions
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Mardi 19 février 2008
Cailoo.jpgUn jour, un vieux professeur fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines. Ce cours constituait l’un des cinq ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n’avait donc qu’une heure pour « passer son message ».
 
Debout devant ce groupe d’élite (qui était prêt à noter tout ce que l’expert allait enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit : « nous allons réaliser une expérience ».
 
De dessous la table qui les séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot en verre de plus de 4 litres qu’il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de gros cailloux à peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le gros pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :
 
« Est-ce que le pot est plein ? » 
 
Tous répondirent : « Oui ».
 
Il attendit quelques secondes et ajouta : « vraiment ? ». Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les graviers s’infiltrèrent entre les cailloux… jusqu’au fond du pot.
 
Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et redemanda : « Est-ce que ce pot est plein ? » Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège. L’un d’eux répondit : « Probablement pas ! »
« Bien » répondit le vieux prof.
 
Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table une chaudière de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda : « est-ce que le pot est plein ? ».
Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent : « non ».
 
« Bien » répondit le vieux prof.
 
Et, comme s'y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’à ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda : « quelle grande vérité nous démontre cette expérience ? »
 
Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet du cours, répondit : « Cela démontre que lorsque l’on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ».
 
« Non », répondit le vieux prof, « ce n’est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous ensuite ». Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’évidence de ces propos.
 
Le vieux prof leur dit alors : « Quels sont les gros cailloux dans votre vie ?  
votre santé ?
votre famille ? 
vos amis ? 
vos valeurs ? 
comprendre ? 
prendre du temps ?
ou tout autre chose … ?
 
Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon, on risque de ne pas réussir… sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie. Alors n’oubliez pas de vous poser à vous même la question : quels sont les gros cailloux dans ma vie ?
Ensuite, mettez-les en premier dans le pot qu’est votre vie ».
 
D’un geste amical de la main, le vieux prof salua son auditoire et lentement quitta la salle.

Merci à Sylvain pour cette fable.
par Eric publié dans : Coup de coeur
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Vendredi 1 février 2008
undefined1) Le constat
 
Il y a la terre, l’eau, l’air, la vie. Les chiffres français sont … A vous de juger :
 
Pour la terre, si je me fie à Claude et Lydia Bourguignon, du Laboratoire d'Analyse Microbiologique des Sols, la terre est morte à 80% (sourceTerre à terre - France Culture). L’utilisation massive de produits phytosanitaires ont tué et tuent les organismes ; de la bactérie, en passant par les champignons, et bien sûr les ch’tites vilaines bébêtes.
 
Pour l’eau, je ne dispose que des chiffres 2006 où l’institut français de l’environnement a publié ses conclusions sur la qualité des eaux françaises :
  • 96% des eaux superficielles contiennent des pesticides,
  • 61% des nappes souterraines en contiennent aussi,
  • 49% des eaux de surfaces sont de qualité moyenne ou mauvaise. (source : JM Pelte – France Inter).
 
Pour l’air, je pense qu’il est inutile de faire un dessin, nous sommes abreuvés d’informations sur les gaz à effet de serre, le taux de CO2, les fumées, la dioxine et les gaz irritants… Concernant le réchauffement climatique, je souhaiterais juste rappeler le caractère irréversible de cette situation (ce sont les termes utilisés par le GIEC).
 
Enfin pour la vie, l'UICN a mis à jour sa liste rouge des espèces menacées. Comme on pouvait s'y attendre, la situation continue à se dégrader et la liste d'espèces en voie de disparition atteint désormais 16 119 espèces animales.
 
 
2) La cause
 
Depuis l’ère industrielle, la productivité, la rentabilité, le rendement sont très importants car ils traduisent la « bonne santé » économique d’une entité. Pour y voir le plus clair possible dans toute cette complexité, il a fallu élaborer des indicateurs économiques simples. On peut les voir comme une référence chiffrée traduisant la santé d’une société. Il y a le PIB, le taux de croissance …
 
Sur ce principe même, je suis en désaccord lorsqu’ils deviennent la seule référence décisionnelle. Un ou deux indicateurs chiffrés ne sont pas le reflet fidèle de notre société dans toute sa complexité.
Si c’était vraiment le cas, pourquoi n’a-t-on pas aussi tenté d’évaluer les qualités des personnes par une note ? On pourrait ainsi nous classer du meilleur au moins bon et ainsi prioriser les soins, définir des seuils d’intérêts. Dans notre délire, on pourrait aussi quantifier les qualités d’un enfant à sa moyenne générale en classe. Peut-on réellement faire le constat qu’un enfant est bien ou non en interprétant sa moyenne ? Evidemment non. (Quoique mon père l’a bien fait).
 
Pourtant l’économie fonctionne un peu sur ce principe, elle intègre des paramètres qui lui sont propres, mais ne reflète pas la totalité et notre complexité. Par exemple, les qualités de vie et environnementales ne sont pas prises en compte tant qu’elles ne génèrent pas de l’activité.
 
…Car, c’est vrai, aujourd’hui les indicateurs de production ne reflètent pas ce qui nous importe vraiment : prenons par exemple l’aptitude à la paix civile, le degré de cohésion sociale, la qualité des ressources naturelles, rien de cela n’apparaît dans la fabrication du PIB. Pire les accidents et les malheurs, les réparations de bâtiments détruits ou les dépenses de santé après une catastrophe, augmentent la richesse d’une nation. (Du grain à moudre – France Culture)
 
L’ironie est que même l’homme en tant qu'individu pourvu de sentiments et de vie de famille est exclu de ces calculs. Il devient un élément comme une marchandise que l’on déplace, bouscule en fonction du seul intérêt économique. Il est passé du statut de créateur à celui de victime. L’économie a pris les commandes du monde et nous subissons ses humeurs.
 
Pour la satisfaire, on augmente le rendement, on produit à faible coût. Malheureusement, croître dans un monde fini (avec des limites) est impossible. Ces limites sont atteintes. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer la terre, l’eau, l’air, la vie. L’expression scier la branche sur laquelle nous sommes assis prend vraiment tout son sens.
 
Pourquoi tout cela ? Et bien pour l’argent. C’est bien connu que l’argent fait le bonheur. Plus nous en possédons, plus notre capacité d’achat augmente, plus nous sommes heureux !
 
La science économique a longtemps vécu sur un postulat selon lequel le bien-être croît avec le revenu, ou avec la richesse. Or, comme le fait remarquer Richard Layard, économiste britannique influent, longtemps conseiller de Tony Blair, « au cours des 50 dernières années, nous avons eu de meilleures maisons, plus de vêtements, de plus longues vacances et surtout une meilleure santé. Pourtant les sondages montrent clairement que le degré de bonheur n’a augmenté ni aux Etats-Unis, ni au Japon, ni en Europe ». C’est ce qu’on appelle le paradoxe d’Easterlin, du nom de l’économiste qui l’a mis en évidence dès 1974 : une hausse du PIB ne se traduit pas nécessairement par une hausse du « bonheur national brut ». En dépit d’une croissance économique continue, la satisfaction de vie des occidentaux stagne depuis 30 ans au moins. (Du grain à moudre – France Culture)
 
Mais que nous soyons heureux ou pas, n’est pas important. Ce qui l’est par contre, c’est que nous devons consommer toujours plus pour augmenter la croissance économique et faire tourner toute cette belle machinerie mondiale. Cette envie n’est ni innée, ni naturelle mais nous savons très bien la susciter.
 
Je suis publicitaire : eh oui, je pollue l’univers. Je suis le type qui vous vend de la merde. Qui vous fait rêver de ces choses que vous n’aurez jamais. Ciel toujours bleu, nanas jamais moches, un bonheur parfait, retouché sur PhotoShop. Images léchées, musiques dans le vent. Quand, à force d’économies, vous réussirez à vous payer la bagnole de vos rêves, celle que j’ai shooté dans ma dernière campagne, je l’aurai déjà démodée. J’ai trois vagues d’avance, et m’arrange toujours pour que vous soyez frustrés. Le Glamour, c’est le pays où l’on n’arrive jamais. Je vous drogue à la nouveauté, et l’avantage avec la nouveauté, c’est qu’elle ne reste jamais neuve. Il y a toujours une nouvelle nouveauté pour faire vieillir la précédente. Vous faire baver, tel est mon sacerdoce. Dans ma profession, personne ne souhaite votre bonheur, parce que les gens heureux ne consomment pas.
Votre souffrance dote le commerce. Dans notre jargon, on l’a baptisée « la déception post-achat ». Il vous faut d’urgence un produit, mais dès que vous le possédez, il vous faut un autre. L’hédonisme n’est pas humanisme : c’est du cash-flow. Sa devise ? « Je dépense donc je suis. » Mais pour créer des besoins, il faut attiser la jalousie, la douleur, l’inassouvissement : telles sont mes munitions. Et ma cible, c’est vous. (Frédéric Beigbeder – 99 francs)
 
Tout cela pour qui et pourquoi ?
publié dans : Le monde est fou
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Mercredi 9 janvier 2008
undefinedAvec un peu de retard car mon micro était en panne, j’aimerais vous souhaiter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.
 
Hier, un collègue m’a demandé : « Que souhaites-tu pour cette nouvelle année ? »
 
Après réflexion, voici ma réponse :
A titre général, je souhaite que chacun trouve des clés au gré de ses rencontres. Ces clés sous forme d’informations, d’idées ou de concepts vont permettent d’ouvrir des portes d’éveil, de lucidité et ainsi élever son esprit critique, son niveau de conscience. Comprendre que les envies de consommation sont génératrices de frustration. Comprendre que le bonheur n’est pas lié à un pouvoir d’achat, mais qu’il est caché en chacun de nous et que seule notre vision du monde, notre compréhension saura le faire germer.
 
C’est tout du moins ce que j’ai intiment compris l’année dernière. Allant jusqu’au bout de ma démarche, j’avais décidé de ne plus regarder la télévision et de me plonger plutôt dans des livres et Radio France pour y trouver encore de nouvelles clés.
 
Je reste convaincu que la télévision inhibe tout esprit critique et pousse à consommer n’importe quoi qu’il s’agisse de produits commerciaux voire même politiques.
 
Voici d’ailleurs la pensée de Corinne Lepage (décidément encore elle) sur ce sujet :
« Les jeux, tout d’abord, qui servent également à masquer le prix croissant du pain sont devenus le divertissement permanent entre télévision réalité et peoplelisation, fais divers, tous destinés à nous écarter de toute réflexion critique, toute capacité de synthèse.
 
L’infantilisation du consommateur citoyen passe précisément par cette télévision qui favorise la facilité, la simplicité qui devient du simplisme lorsqu’il s’agit de faire le point d’un sujet compliqué en une minute trente. La rapidité, tout de suite et facilement, le désir de l’enfant, l’anti-thèse du réel.
 
Si seulement les media étaient utilisés pour développer l’esprit critique, former et non comme ils le font trop souvent désinformer. Aider nos concitoyens à prendre la mesure et la compréhension du monde dans lequel ils vivent, alors nous oublierons une relative passivité.
 
Le pain (ou encore ce qui devait être les conditions de vie) souffre d’une double dérive, dans la mesure précisément où les caisses sont vides et où la misère croissante est visible, font douter de la capacité de l’état à le (le pain) garantir.
 
Première dérive qui pour cacher la croissance des inégalités économiques et sociales entretient grâce à la publicité des désirs qui conduisent à la frustration, au surendettement et à la désespérance chère à notre président.
 
Seconde dérive qui confond consommation et bien être, plus et mieux, et poursuit le mythe d’une croissance reposant sur des ressources infinies incompatibles avec les limites physiques de notre planète.
 
Comment aider nos concitoyens à ne plus se faire manipuler, pouvoir réfléchir, à se faire un devoir de s’informer et à développer leur esprit critique. Le succès de cet objectif permettrait une réelle transformation en profondeur de notre pays. La société de la consommation à laquelle nous aspirons qui nécessite un esprit en éveil et inventif pourrait devenir une réalité. Nos enfants et adolescents qui passent des heures devant des émissions qui cultivent la violence, l’abêtissement et l’égoïsme apprendraient, découvriraient le monde et ses réalités, partageraient d’autres valeurs que celles de l’argent qui achète tout et de la force virile qui l’emporte toujours… »
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Samedi 29 décembre 2007
undefinedJe souhaitais vous parler de Bali, mais Corinne Lepage dans sa chronique sur France Culture l'a fait bien mieux que je ne pourrais le faire :

Les peuples de la Terre peuvent aujourd'hui accuser les gouvernants participant à la conférence de Bali, en fait, plus précisément ceux qui ont délibérément torpillé tout accord permettant de prendre date, sur des bases chiffrées, en vue d'un accord à Copenhague en 2009 prenant la suite de l'accord de Kyoto.
 
Ce qui vient de se passer apparaîtra très certainement dans les années qui viennent comme une preuve supplémentaire de l'égoïsme et de l'aveuglement de ceux qui ont décidé de l'avenir du monde en fonction de leurs intérêts propres et immédiats.
 
En effet, les dernières conclusions du GIEC, qui pour la première fois parlent d'irréversibilité, les constatations d'ordre scientifique sur l'évolution du Groenland ou de l'Arctique, l'accumulation des preuves du changement climatique et du risque qu'il fait courir à l'humanité, permettant aujourd'hui de parler en ce qui concerne cette question d'application du principe de prévention et même plus du principe de précaution, les messages de détresse lancés par les populations de Papouasie et d'autres îles qui constituent les premiers réfugiés climatiques et qui ne peuvent déjà plus se nourrir normalement n'auraient pas dû laisser le moindre choix aux responsables réunis à Bali.
Or, malgré les efforts du secrétaire général de l'ONU, malgré la position unitaire et ferme de l'Europe, cette réunion a accouché d'une demie souris. La seule avancée réelle concerne l'avancée du projet Reed dont l'objectif est de financer les pays du Sud pour qu'ils conservent leurs forêts ou reboisent .Il faut rappeler que la déforestation représente 27 % du total des émissions de CO2, soit plus que le transport, et que la valeur de la forêt n'est pas seulement d'ordre écologique en terme de séquestration de carbone mais également le lieu majeur de la biodiversité.
La banque mondiale a consacré 208 millions d'euros à des projets pilote de surveillance, ce qui est loin des 5 milliards de dollars auquel Nicolas Stern évaluait les moyens nécessaires à mettre en place. Une seconde avancée, plus modeste, consiste en la mise en place d'un fonds d'adaptation, sous la tutelle du fonds mondial pour l'environnement, destiné à financer des transferts de technologie.
 
Pour le reste, l'obstruction américaine a plombé tout accord, ce qui conduit à s'interroger sur le point de savoir qui gouverne vraiment le monde et quelles solutions on pourrait proposer pour mettre un terme au crime de non-assistance à humanité en danger. Le blocage de George Bush sur le sujet du climat, contraire à la position de la Cour Suprême, mais qui trouve bien évidemment sa source dans la volonté de certaines sociétés pétrolières, est un point central. Rappelons qu'Exxon a financé depuis des années le lobby de "la machine à nier", instrumentalisant des centaines de centres de recherche et d'association plus ou moins bidons dont l'objectif était identique : faire du changement climatique une hypothèse et non un fait. La proposition d'Al Gore de conclure un accord en laissant de côté les États-Unis avait comme objectif probable de stigmatiser cette attitude inadmissible, mais ne permettait pas de faire réellement avancer la position internationale. En effet, les États-Unis ne sont pas seuls, malheureusement. Le Canada et l'Australie soutiennent une position très proche, pour des raisons d'intérêt économique immédiat, cependant que les pays pétroliers et leurs alliés traditionnels ont toujours pris la position la plus favorable à l'or noir. Or, si l'on se place au niveau des résultats concrets, un accord a certes été trouvé, mais sur la base de la position la plus faible, c'est-à-dire celle qui ne contient aucun engagement précis. Lorsqu'on en est en effet à refuser de faire figurer les conclusions du GIEC autrement qu'en note de bas de page, pour être certain qu'aucun engagement concernant une réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre en 2020 pour les pays industrialisés et de 50% pour le monde entier en 2050 ne soient pris, il est clair que l'on est en présence d'un déni de réalité, voire d'un cynisme poussé à l'extrême qui conduit a accepter, de mettre en péril ses propres enfants pour être certain de pouvoir soi-même accroître encore son propre confort.
Ce comportement est la négation même du politique dont la fonction, si elle existe, consiste précisément à organiser la vie de la cité pour lui permettre la pérennité.
Cela signifie que la politique, au niveau international n'a strictement plus aucun sens, en ce qui concerne au moins un des périls majeurs qui menacent l'humanité.
Cela signifie que les représentants des terriens, élus ou autoproclamés pour certains, font des choix qui s'inscrivent délibérément à l'encontre des intérêts premiers des populations qu'ils sont censés représentés.
Cela signifie par conséquent que la représentation actuelle de la société internationale ne peut plus prétendre représenter les intérêts des femmes et des hommes présents et à venir, mais s'est soumise à d'autres maîtres du monde dont on se pose parfois la question de savoir s'ils ont encore conscience d'être des humains. Dès lors c'est bien la question de la gouvernance mondiale lorsqu'il s'agit de questions planétaires qui intéressent tous les humains comme la question climatique qui est en cause.
La faiblesse du conseil de sécurité de l'ONU est difficilement supportable lorsqu'il s'agit de guerre et de massacres impliquant des milliers, voire des centaines de milliers de personnes. Mais, elle ne l'est plus du tout lorsqu'il s'agit de la survie de l'humanité dans son ensemble.
 
Cela signifie donc que c'est à la société civile de prendre son destin en main puisque ses responsables politiques ne sont pas capables de le faire pour elle..
Ce sont aux milliers d'associations de défense de l'environnement, de développement, de consommateurs, voire aux syndicats professionnels et au monde économique et financier dans la partie qui est demanderesse à une véritable révolution pour permettre la réorientation de l'économie, de s'organiser pour imposer le changement qui nous est refusé.
Nous avons l'ardente obligation de refuser l'attitude suicidaire que quelques dirigeants ont décidé d'adopter. A la non assistance à humanité en danger, nous devons répondre par la mobilisation de toutes les consciences et les volontés humaines.

Corinne Lepage - France Culture
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Lundi 17 décembre 2007
euro-1.jpgJ’ai souvent entendu dire : « Eric, c’est un écolo. »
 
Pour beaucoup, l’écolo est représenté par un barbu soixante-huitard habillé avec un gros pull en laine, produisant son fromage de chèvre qu’il vend ensuite au marché du village avec sa 2CV marquée du symbole peace and love.
 
Désolé, mais je ne correspond pas à cette caricature. Par contre, je considère qu’en tant que citoyen, nous avons tous le devoir d’adapter nos modes de vie pour laisser un espace sain à nos enfants.
Ce proverbe amérindien résume bien ma pensée : « La Terre n'est pas un don de nos parents. Ce sont nos enfants qui nous la prêtent. » Cela passe par le respect des autres, présents et futurs. Ce n’est plus une attitude de militant écolo proche de la nature et des animaux, mais c’est une attitude citoyenne et responsable qui nous concerne tous.
 
A la différence de nos parents, nous savons que nos modes de consommation sont excessifs et irresponsables. On ne peut plus échapper à des slogans du type « Sauvons la planète » ou « Contre le réchauffement climatique ». Nous sommes tous conscients des enjeux, mais sommes-nous disposés à faire des efforts, à accepter une petite baisse de confort pour les autres, ceux qui ne sont pas encore nés ? La réponse devient de plus en plus optimiste car les regards semblent plus ouverts et moins égocentrés.
 
L’incertitude qui me gène encore est : Comment le marché économique va-t-il exploiter cette nouvelle sensibilité ? Va-t-il dégrader cet élan pour le transformer en profits juteux, le détournant ainsi de sa noblesse de départ ?
 
La définition (étrange) de Jean-Marie Pelt nous éclaire sur ce sujet :
En économie, le PIB ou Produit Intérieur Brut est la somme de toutes les activités productrices de biens et de services. Il est important de comprendre que seules les activités y sont considérées. Comme le PIB exprime la croissance, les hommes politiques ont envie que celui-ci monte continuellement. Etrangement, une augmentation de notre qualité de vie peut nuire au PIB. Prenons l’exemple extrême où il n’y aurait plus d’accident de la route. Ce serait rapidement une catastrophe économique car les garagistes auraient moins d’activité, la production et la vente de voitures seraient au plus mal et les hôpitaux ne pourraient plus soigner les accidentés. Cela a d’ailleurs été le cas en 1976 lorsque le port de la ceinture de sécurité fut devenu obligatoire.
 
Pour l’instant la qualité de vie, de l’air, de l’eau, des sols ne sont pas pris en compte dans cet indicateur. Ils n’y figurent qu’à partir du moment où on les a salis, car ils génèrent alors de l’activité de dépollution. Le PIB est le symbole même de notre économie qui ne considère la nature que si celle-ci devient rare et lorsqu’il faut dépenser de l’argent pour la réparer. On n’a effectivement pas intérêt à ne jamais polluer. Il y a un optimum économique de la pollution car le recyclage rapporte de l’argent et crée un marché.
 
On suit l’évolution du PIB sans plus regarder sur quoi il repose. Certains économistes tentent d’identifier la valeur de ces nouveaux éléments dits patrimoniaux (eau, air, qualité de vie). Nicolas Stern, économiste mondialement connu, a annoncé dans son dernier rapport que si l’on ne faisait rien, les dégâts nous coûteraient 20% du PIB mondial soit 5500 milliards de dollars.
 
Pour répondre à la question de départ qui était : L’économie est-elle l’amie de l’homme ? Je répondrais qu’actuellement non, mais les défis de ce siècle risquent de lui imposer une certaine souplesse car il faudra y insérer de nouveaux facteurs pour qu’enfin cet indice soit plus proche des hommes.
 
publié dans : Réflexions
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